Q. Lors de la dernière fête du Canada, mon chien s’est enfui à cause des feux d’artifice. Je me suis dit que s’ils effrayaient les chiens, ils devaient aussi effrayer les espèces sauvages. Comment la faune réagit-elle aux feux d’artifice?

R. De plus en plus d’études et d’analyses de données sont réalisées sur l’effet des feux d’artifice sur la faune, en particulier sur les oiseaux. Il semblerait que les effets varient en fonction de la période de l’année, de l’espèce, du type d’habitat utilisé par l’animal, du type de feu d’artifice utilisé et de la durée du feu d’artifice.
Par exemple, les oiseaux vivant dans des milieux ouverts semblent être plus touchés par les feux d’artifice que les oiseaux vivant dans des milieux boisés. En outre, les oiseaux peuvent être moins affectés par les feux d’artifice en été qu’en hiver. Pourquoi? Parce que les oiseaux sont plus dispersés en été. En hiver, certains oiseaux se rassemblent en grands groupes pour nicher, ce qui peut entraîner le dérangement d’un plus grand nombre d’oiseaux. Le fait d’être dérangés en hiver oblige les oiseaux à dépenser beaucoup d’énergie, une énergie qu’ils pourraient utiliser pour rester au chaud.
Des études ont montré qu’en raison des feux d’artifice, certaines espèces d’oiseaux s’envolent vers le ciel, volant plus haut et sur de plus grandes distances, parfois jusqu’à la mer. Certaines populations peuvent chercher davantage de nourriture dans les jours qui suivent un feu d’artifice pour compenser l’énergie qu’elles ont perdue. Certaines espèces voient leur rythme cardiaque augmenter, puis revenir à la normale au bout de quelques heures. D’autres espèces peuvent paniquer à cause du bruit et de la lumière et, parce qu’elles ne voient pas bien dans l’obscurité, heurter des bâtiments et d’autres structures, voire entrer en collision avec d’autres oiseaux. Certaines espèces abandonnent leur nid, ce qui en fait une cible facile pour les prédateurs.
Un expert en oiseaux de la Bird Academy du Cornell Lab of Ornithology déclare que les feux d’artifice sont une nuisance pour les oiseaux, mais qu’ils ne constituent pas un danger dans la plupart des cas. Une exception peut être faite dans les cas où un groupe d’oiseaux sensibles se trouve dans une même zone. Le pluvier siffleur, par exemple, ne niche que sur quelques plages sablonneuses de grandes étendues d’eau, ce qui peut représenter un endroit intéressant pour un feu d’artifice.
Qu’en est-il des autres animaux? En Californie, lors des feux d’artifice du 4 juillet, les otaries de Californie et les phoques communs qui se trouvaient sur la terre ferme se sont réfugiés dans l’eau, mais ont regagné la terre ferme le lendemain. Des loutres de mer ont été retrouvées dans la même zone peu après le feu d’artifice, ce qui montre qu’elles n’ont été que très peu perturbées. Pendant les feux d’artifice, certains centres de réhabilitation de la faune ont signalé une augmentation des observations d’espèces sauvages sur les routes, notamment de cerfs.
Pour réduire l’effet des feux d’artifice sur la faune, vous pouvez :
⦁ éviter les feux d’artifice pendant les périodes de migration et à proximité des voies de migration;
⦁ éviter les feux d’artifice pendant la saison de nidification;
⦁ confier le lancement de feux d’artifice à des professionnels;
⦁ trouver des solutions de rechange, comme des feux d’artifice silencieux, ou opter pour des spectacles de lumières laser ou de drones lumineux.
Et bien sûr, respecter tous les règlements locaux. De nombreuses provinces, territoires et municipalités imposent des restrictions concernant l’utilisation des feux d’artifice.