La réponse courte à cette question est non! En fait, je crois que tout le monde s’entend sur le fait que même si les arbres peuvent aider, ils ne sont pas une solution complète. Et bien que nous devrions planter et protéger autant d’arbres et de forêts que possible, la situation est en fait un peu plus compliquée qu’on pourrait le croire. Elle cause même de la discorde chez certains chercheurs.
Nous savons qu’en poussant, les arbres captent du CO2 dans l’air et libèrent de l’oxygène. Une fois ces arbres coupés, brûlés ou en décomposition, le gaz carbonique stocké est bien sûr rejeté dans l’atmosphère sous forme de CO2. Mais ils peuvent aussi aider le sol à capturer le gaz carbonique et offrir un habitat important pour les espèces sauvages. Alors, sur quoi porte le débat? Voyons voir!

- Dans leur état naturel, les régions en haute altitude ayant une faible densité d’arbres peuvent remplir une fonction essentielle — leur sol de couleur claire et la neige reflètent l’énergie du soleil et la renvoient dans l’atmosphère. En plantant des arbres dans ces zones, leurs feuilles foncées absorberaient l’énergie du soleil au lieu de la refléter. Cela pourrait éventuellement mener à une augmentation des températures mondiales et faire contrepoids au rafraîchissement offert par les arbres.
- Les arbres peuvent libérer du méthane, un important gaz à effet de serre. Bien que certains chercheurs croient que la plupart des arbres du monde produisent du méthane au moins une partie du temps, il semble que les plus importantes émissions de méthane proviennent des aires boisées des zones tropicales humides. Dans la plupart des endroits, il semble que la quantité de C02 capturée et stockée par les arbres contrebalancent leurs émissions de méthane.
- Il faut prendre soin de ne pas planter de monocultures. Les monocultures sont souvent le type de reforestation préconisé, mais il a été démontré qu’elles ne retiennent qu’une fraction du gaz carbonique comparativement aux forêts naturelles. De plus, elles manquent de biodiversité et n’offrent qu’un habitat limité aux espèces sauvages si on les compare au fait de planter une variété d’espèces d’arbres. Elles peuvent remplacer quelque chose qui avait initialement une plus grande valeur.
- À quel point la plantation des arbres sera-t-elle réussie? Les hivers plus chauds ont entraîné l’arrivée de populations d’insectes nuisibles qui peuvent ravager les forêts, auxquelles s’ajoutent les conséquences des sécheresses, des maladies et des feux de forêt.
- Même si une zone peut être reboisée, le devrait-elle? Avec l’augmentation de la population mondiale, notre besoin en terres agricoles augmente aussi. Est-ce que ces terres devraient être perdues au profit de plantations forestières? Est-ce que les prairies tempérées, l’un des écosystèmes les plus menacés sur la plupart des continents, devraient être utilisées pour des plantations forestières?
Malgré toutes les recherches et les discussions, le consensus semble clair. Planter des arbres aux bons endroits peut certainement contribuer à réduire notre incidence sur le climat, mais ce n’est pas un remède miracle.