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J’ai entendu dire que de nombreuses espèces de reptiles et d’amphibiens voient leurs populations se réduire à l’échelle mondiale. Pourquoi?

La situation des différentes espèces de reptiles et d’amphibiens est en passe de devenir un nouveau baromètre permettant de juger de l’état de santé de notre planète.

Au Canada, nous avons quarante-sept espèces de reptiles (vingt-cinq espèces de serpents, sept espèces de lézards, onze espèces de tortues d’eau douce et quatre espèces de tortues marines). Parmi les périls les plus importants auxquels sont exposés les reptiles, mentionnons la perte et la dégradation de leur habitat, la surexploitation et la mort par collision avec des véhicules sur les routes.

Quant aux amphibiens, on en compte quarante-six espèces au Canada : une espèce de nectures, deux espèces de tritons, sept espèces de crapauds, dix-huit espèces de grenouilles et dix-huit espèces de salamandres. À l’échelle mondiale, les espèces d’amphibiens sont davantage en péril que les espèces d’oiseaux ou de mammifères. Dans bien des cas, la décroissance des populations est le résultat d’une surexploitation et d’une perte d’habitat. Fait alarmant, dans presque la moitié des cas, les scientifiques ne connaissent pas les raisons de la décroissance rapide observée chez ces espèces. Chez nous, au Canada, on considère 39 p. 100 des espèces d’amphibiens comme exposées à un degré de péril ou l’autre.

Les amphibiens n’ont pas de poumons; ils respirent par la peau. Ils ne peuvent cependant respirer ainsi que si leur peau est humide; la présence d’eau et d’étangs leur est donc indispensable. Les pesticides et d’autres substances chimiques peuvent avoir un effet particulièrement nocif chez les amphibiens. On a constaté des pattes surnuméraires, manquantes ou malformées chez un grand nombre de grenouilles, au Canada comme dans d’autres pays. On pense que cela est attribuable aux polluants, notamment les métaux lourds et les déchets radioactifs, qui peuvent rester longtemps présents dans les milieux naturels et qui peuvent même altérer la formation des organes sexuels des reptiles et des amphibiens à leur stade embryonnaire. Des changements climatiques peuvent donner lieu à des répercussions graves pour ces animaux en réduisant le nombre d’insectes dont ils peuvent se nourrir, le niveau d’eau de leurs étangs et la durée de leur saison de reproduction. Leur peau étant très sensible, les amphibiens subissent également le contrecoup de l’amincissement de la couche d’ozone, en raison des rayons ultraviolets nocifs qui ne sont pas bloqués.

Les reptiles évoquent peut-être une robustesse qui fait défaut aux amphibiens. Néanmoins, certains des leurs se font écraser par les voitures; bon nombre se font tuer pendant qu’ils se chauffent au soleil sur l’asphalte ou qu’ils tentent de traverser une route pour accéder à un point d’eau. Chez les reptiles, la disparition d’adultes peut rapidement donner lieu à une décroissance de la population. De nombreuses espèces ont besoin de milieux différents (tant terrestres qu’aquatiques) à différentes périodes de l’année et sont vulnérables aux réaménagements du territoire. Leur vulnérabilité à la fragmentation de leur habitat, et notamment à la construction de routes, est particulièrement importante, car au besoin de différents milieux à différents stades du développement individuel s’ajoute une faible capacité de dispersion des populations. Le développement urbain et l’aménagement de certaines aires récréatives ou industrielles ont donné lieu à une perte, une dégradation ou une fragmentation de milieux naturels expliquant la décroissance observée chez de nombreuses espèces.

Cela pourra vous paraître surprenant, mais le braconnage constitue l’un des principaux périls auxquels sont exposées certaines espèces de reptiles. Il n’est pas rare que des gens ramènent chez eux, comme nouvel animal d’agrément familial, une tortue peinte qu’ils croient ainsi « sauver ». La capture de tortues peut aussi être pratiquée à des fins commerciales. Dans un cas comme dans l’autre, cela contribue directement à mettre en péril certaines espèces de tortues du Canada, et cela pourrait être entièrement évité. Les populations de serpents sont également mises à mal par des personnes, nombreuses, qui tuent encore ces animaux par peur ou ignorance.