Leigh Edgar
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Photo : © Heiko Kiera - Fotolia.com |
Q. Comment les espèces migratrices se rappellent-elles leur itinéraire?
R. Dans le monde entier, des espèces migrent vers des habitats qui leur offrent ce dont elles ont besoin pour survivre à une autre saison. D’innombrables espèces d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’amphibiens, de poissons et d’invertébrés ont entrepris leur migration à l’heure actuelle. Elles volent, nagent et marchent vers les lieux qui leur ont été salutaires, par le passé.
Les espèces migratrices sont des créatures remarquables. Elles consacrent une quantité d’énergie et d’efforts considérable aux déplacements qui favorisent leur survie. Les disponibilités alimentaires, la température et le nombre d’heures de clarté mises à leur disposition évoluent avec le changement des saisons. Ces signes de l’environnement stimulent l’instinct voyageur des migrateurs, et ils suivent cet instinct. Un grand requin blanc qu’on avait marqué a fait l’aller retour entre l’Australie et l’Afrique, distance correspondant à plus de 16 000 kilomètres! Lors de ses migrations, la tortue luth traverse des bassins océaniques entiers, et la bernache du Canada peut parcourir plus de 1 000 kilomètres entre le nord du Québec et l’est des États Unis en aussi peu qu’une seule journée! Au printemps, 123 000 caribous de la Porcupine migrent de la plaine d’Eagle, au Yukon, jusqu’à leur aire de mise bas dans la plaine côtière de l’Alaska. Pour ce faire, ils traversent des rivières et des terrains accidentés, tout en subissant le harcèlement des insectes et les attaques meurtrières de prédateurs affamés.
Néanmoins, comment ces espèces font elles pour trouver leur chemin? Est ce une question de mémoire ou de chance?
Des scientifiques croient que les espèces migratrices s’appuient sur divers facteurs pour se déplacer d’un lieu à l’autre. En se fiant à la position du soleil et des étoiles, et en se rappelant certains points de repère naturels comme les rivières et les montagnes, qu’elles s’appliquent à suivre, ces espèces réussissent leur parcours vers la même destination d’année en année. On a démontré l’importance du sens de l’odorat chez les poissons. Dernièrement, des chercheurs ont décelé la présence de cellules photosensibles spéciales dans les antennes du monarque, qui lui permettent de s’orienter. La tortue de mer peut détecter la direction et l’intensité des champs magnétiques terrestres. Par ailleurs, des scientifiques ont détecté des cristaux de tétraoxyde de trifer dans le bec de certains oiseaux. Cette découverte laisse supposer que les oiseaux réagissent également aux champs magnétiques.
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Acheminez vos questions sur la faune aux chercheurs en conservation de la FCF, Terri-Lee et Leigh! Vos questions, ainsi que les réponses à celles-ci, figureront peut-être dans un prochain numéro de Nature en bref ! |