R. La technologie du clonage a fait de grands progrès depuis 1996. C’est à cette époque qu’est née Dolly, une brebis Finn-Dorset et premier mammifère à être cloné à partir de cellules adultes. Cette percée a motivé plusieurs autres tentatives de clonage d’autres espèces, mais ces animaux ne vivaient que quelques minutes ou jours – du moins, au début.
Depuis, il y a eu de grandes avancées dans le clonage d’espèces domestiques et sauvages. Par exemple, les vaches sont souvent clonées pour leur viande et les porcs pour les essais pharmaceutiques. Depuis le milieu des années 2000, des chats domestiques sont souvent utilisés comme mère de substitution pour des clones de chats sauvages d’Afrique, dont les individus en santé ont pu vivre jusqu’à l’âge adulte. Des spermophiles d’Europe ont été réintroduits dans leur habitat naturel en Slovaquie. Aujourd’hui, le taux de réussite du clonage est d’environ 10 % selon l’espèce et le type de cellule utilisé. Il y a maintenant des chercheurs qui veulent cloner un mammouth laineux à partir de l’os d’un individu découvert gelé. En insérant un noyau des cellules de mammouth dans les cellules d’un œuf d’éléphant, son plus proche parent vivant, ils espèrent faire renaître cet animal disparu.
Vingt ans après Dolly, les arguments pour et contre le clonage et la déextinction n’ont pas beaucoup changé.
Certaines personnes disent que le clonage pourrait mettre fin aux recherches faites sur des animaux sauvages par les chercheurs et dans les zoos et pourrait contribuer à la conservation des espèces en voie de disparition ou à la stabilisation des populations en diminution. Elles croient aussi que nous devons rétablir les espèces que nous avons fait disparaître et que leur réapparition ramènerait aussi leur utilité écologique.
Les opposants quant à eux pensent que le clonage ne règle pas le problème au cœur même de la disparition des espèces. Et puisque les individus partageraient un matériel génétique restreint, ils ne seraient qu’une copie les uns des autres après quelques générations. Bon nombre de personnes ont peur qu’en raison de la perte d’habitats, il n’y ait pas assez de place pour les individus clonés et que, conséquemment, ils soient réduits à passer leur vie dans des zoos. En outre, on a soulevé la question à savoir si les individus clonés apprendront les comportements appropriés de leurs parents adoptifs, souvent d’une différente espèce. Et le clonage banalisera-t-il le problème important de la disparition des espèces? Est-ce qu’on prendra les fonds consacrés à conservation des habitats et de la biodiversité pour les investir dans le clonage? Autant de questions importantes demeurent sans réponse.
Comme le débat entourant le clonage est bien vivant, il sera intéressant de voir ce qui se passera au cours des 20 prochaines années.