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Donnez les premiers soins aux arbres infestés par les insectes

Contexte
À chaque année, nous perdons des millions d’hectares d’arbres en raison des insectes et de la maladie. Une perte d’arbres signifie une perte d’habitat pour la faune également. Dans l’ensemble, les infestations d’insectes se produisent sur les arbres faibles. Les arbres forts et en santé sont moins vulnérables et se rétablissent habituellement s’ils sont infectés. Une exception à cette règle est la maladie hollandaise de l’orme, qui s’attaque inévitablement aux ormes mûrs.

Les moyens chimiques de répression pour la majorité des problèmes énumérés ci-dessous sont trop souvent le moyen de défense de première intervention contre les insectes indésirables. Les résultats sont temporaires et les effets sur les espèces non visées peuvent être préjudiciables. Pour contenir les problèmes d’insectes, c’est plus logique d’attirer les insectes qui sont les prédateurs naturels des bestioles dont on veut se débarrasser plutôt que de miser sur des produits chimiques qui portent atteinte à l’environnement. Vous pouvez attirer divers insectivores voraces dans votre jardin, particulièrement si vous avez recours à certains de nos projets de plantation et de construction d’habitats dans l’arrière-cour!

Procédure
Voici quelques symptômes que vous pouvez tenter de déceler lorsque vous examinez vos arbres pour voir s’ils sont atteints par des infestations d’insectes :
• Le jaunissement et le brunissement des aiguilles et des feuilles et l’apparition de taches sur celles-ci;
• La réduction de la taille ou un changement de forme des aiguilles et des feuilles;
• La mort prématurée des aiguilles plus âgées;
• La production de lichens et de mousses sur les arbres atteints;
• Des diagrammes de ramification anormaux.

Les problèmes d’insectes suivants touchent couramment les arbres dans les jardins urbains :

• Maladie hollandaise de l’orme : Tous les ormes indigènes et plusieurs ormes introduits sont vulnérables à la maladie hollandaise de l’orme (MHO). Elle est presque toujours mortelle pour les arbres atteints. La plupart des ormes au Canada ont déjà été victimes de la maladie. La MHO est transmise d’arbre en arbre par les scolytes de l’orme, qui se creusent des tunnels sous l’écorce en transportant des spores minuscules du champignon Ophiostoma ulmi. Le résultat est un arbre qui a l’air malade avec ses feuilles brunes et ratatinées et ses brindilles déformées. Des feuilles anormalement petites apparaissent sur certaines branches ou sur l’arbre au complet au printemps. Les feuilles atteintes tombent prématurément. Les ormes malades peuvent mourir en l’espace de deux ans.

 La prévention constitue la meilleure façon de contrôler la MHO. Gardez les ormes en santé, vigoureux et bien émondés. Parmi les autres mesures préventives possibles, mentionnons notamment l’utilisation d’insecticides chimiques pour lutter contre les scolytes de l’orme. Des substances chimiques peuvent également être injectées dans les vaisseaux conducteurs de sève d’un arbre pour tuer le champignon. Malheureusement, de telles mesures sont extrêmement toxiques, coûteuses et doivent être répétées régulièrement. De plus, elles équivalent presque toujours à une bataille perdue d’avance contre la maladie.
 
Si la MHO est déjà présente, ce n’est pas suffisant de simplement couper les branches malades. Les arbres infectés et mourants doivent être rapidement et complètement abattus pour éviter une plus grande propagation de la maladie. Le bois des ormes infectés par la MHO ne devrait jamais être empilé comme bois de chauffage.

• Petite mineuse du bouleau : Les bouleaux sont extrêmement sensibles aux infestations de la mineuse des feuilles. Les taches blanches ou brunes sur les feuilles sont causées par les larves de la tenthrède mineuse des feuilles de bouleau. Bien que les mineuses des feuilles puissent endommager les arbres, elles ne sont mortelles en aucune façon. La mesure la plus efficace pour lutter contre ces larves minuscules consiste à arracher et à détruire les feuilles atteintes dès que des dommages sont apparents.

• Pucerons : Ces petits insectes aux allures de limace sucent la sève des arbres, particulièrement des érables. Ils se regroupent sur le dessous des feuilles et les rendent collantes avec leurs excréments, couvrant ainsi le feuillage de cloques et de fumagine. Ces infestations réduisent la taille des feuilles et les déforment, causant ainsi leur chute prématurée. Les pucerons ne sont pas seulement responsables de la propagation de maladies virales, ils attirent également des essaims de fourmis, qui se nourrissent de leurs excréments gluants.

Plusieurs entreprises vendent maintenant des insectes prédateurs en vrac. Parmi les insectes qui se nourrissent de pucerons, mentionnons la coccinelle, la cécidomyie du puceron et la chrysope. Consultez l’article intitulé « Plantez pour les insectes » sur notre site Web pour obtenir des conseils sur les façons d’attirer et de conserver des insectes prédateurs dans votre arrière-cour.

Pour aider à contrôler les infestations de pucerons, arrosez les arbres avec un puissant jet d’eau ou donnez-leur une dose d’insecticide maison : hachez finement de 10 à 15 gousses d’ail et faites-les tremper dans 500 ml d’huile minérale pendant 24 heures. Filtrez la solution et pulvérisez-la telle quelle ou diluez-la avec de l’eau avant de l’appliquer.

• Spongieuses : La spongieuse mâle est de couleur brun pâle et possède de grandes ailes. La femelle est blanche avec des taches noires sur ses ailes et est beaucoup plus grosse que le mâle, mais elle ne peut pas voler. On retrouve surtout la spongieuse dans le sud du Québec et en Ontario, mais aussi en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Les chenilles de la spongieuse peuvent être reconnaissables par leurs six paires de bosses rouges et cinq paires de bosses bleues sur leur dos. Elles se nourrissent de plus de 500 espèces différentes d’arbres et de végétaux, notamment le chêne, le bouleau et le mélèze laricin. Ces larves sont des mangeuses voraces et peuvent défolier un arbre au complet en deux ou trois jours.

Pour découvrir s’il y a des spongieuses dans votre secteur, essayez de trouver des masses d’œufs hivernants sur diverses parties des arbres, y compris les troncs, les branches et les fissures de l’écorce. C’est important d’inspecter les arbres au début du printemps, juste au moment où leurs feuilles commencent à sortir. Pulvérisez-les avec un agent nettoyant collant comme du détergent à vaisselle et grattez ensuite les masses d’œufs et immergez-les dans de l’eau chaude mélangée avec de l’ammoniac à usage domestique.

Si l’éclosion des œufs a eu lieu, utilisez des bandes de toile pour capturer les chenilles. Fabriquez les bandes à partir de bandelettes de toile de jute d’environ 40 cm de long ou assez longues pour les enrouler autour du tronc. Vers la fin de l’après-midi, fixez une bande à chaque tronc à l’aide d’une corde attachée autour du milieu de l’étoffe. Rabattez la partie supérieure de la bande sur la moitié inférieure pour fabriquer un piège pour les chenilles qui grimpent dans l’arbre. Vérifiez les bandes de toile à chaque jour et détruisez toutes les larves prises dans la toile.

Dans les cas extrêmes, pulvérisez les arbres de
Bacillus thuringiensis (BT), un vaporisateur organique sans danger qui contrôle efficacement les chenilles phyllophages. Le BT n’est pas toxique pour les mammifères et ne porte pas atteinte aux insectes utiles.

Les œufs et les nymphes de la spongieuse sont souvent transportés par inadvertance par les gens. La prochaine fois que vous ferez du camping, une randonnée ou du canotage ou visiterez un chalet, assurez-vous de vérifier votre tente, votre sac à dos, votre canot ou votre véhicule avant de revenir à la maison. Des spongieuses pourraient se payer un taxi jusque chez vous!

• Livrées : Les deux larves de papillons nocturnes les plus courantes de ce genre sont la livrée des forêts et les livrées d’Amérique. La livrée des forêts est facile à reconnaître. Les larves ont un corps brun foncé avec de larges bandes bleues le long de chaque côté et une rangée de taches blanchâtres en forme de trou de serrure bien en vue leur ornent le dos. On les retrouve sur les arbres à larges feuilles à l’échelle du Canada.

La livrée des forêts a une préférence pour les feuilles de peuplier faux-tremble, mais elle se nourrit également de feuilles de peuplier baumier, d’érable à sucre, de frêne rouge, de chêne à gros fruit, de bouleau blanc et de divers autres arbres et arbustes à feuilles larges. Vous pourriez même les apercevoir sur des poteaux et les traverses de clôture ou encore sous les corniches de bâtiments durant les épidémies. Les livrées des forêts ne forment pas une tente, contrairement à ce que leur nom en anglais (forest tent caterpillars) pourrait porter à croire, mais elles fabriquent effectivement un tapis de soie sur le tronc ou les branche d’un arbre où elles se rassemblent.

La livrée d’Amérique – et ses proches cousines, la livrée des prairies et la livrée du nord – forment des abris de soie en forme de tente dans les fourches des branches. Ces larves sont reconnaissables par une bande blanche ou jaune qui leur traverse le dos sur le sens de la longueur. Elles se nourrissent de feuilles d’arbrisseaux d’aubépine et des arbres à feuilles caduques, particulièrement le pommier et le cerisier. On les retrouve des Maritimes jusqu’à Sault Ste. Marie en Ontario et dans le coin sud-est du Manitoba.

À l’automne et en hiver, les livrées d’Amérique font remarquer leur présence avec les bagues d’œufs pondus par la livrée femelle. Une bague d’œufs entoure une brindille et est recouverte d’une substance mousseuse foncée. Pour vous débarrasser des œufs, vous pouvez tailler et brûler les brindilles sur lesquelles ils se retrouvent. Si les oeufs se trouvent sur le tronçon principal ou sur des branches qui ne devraient pas être émondées, vous pouvez les enlever en les grattant avec un couteau émoussé. L’application d’un vaporisateur d’huile minérale sur les bagues d’œufs vers la fin de l’hiver les tuera également.

La livrée d’Amérique se déplace le jour, se nourrit de feuilles et retourne à son nid la nuit venue. Pour lutter contre ce parasite, attendez que les larves se rassemblent pour la soirée, puis enlevez leurs nids et détruisez-les. Dans les cas extrêmes, déchirez une ouverture dans les nids à l’aide d’un bâton et pulvérisez du BT.

Un autre excellent moyen pour tenir ces bestioles en échec consiste à recourir à certains de nos projets d’habitat pour l’arrière-cour afin d’attirer des oiseaux, plusieurs d’entre eux se nourrissant voracement de livrées. Une espèce de mouche appelée la grosse mouche à viande (
Sarcophaga aldrichi) peut également servir de prédateur naturel pour lutter contre la livrée. La mouche pond ses œufs à l’intérieur de la livrée, ce qui tue éventuellement l’hôte.