Fiche documentaire
Quand une espèce se déplace d'un lieu à un autre au rythme des saisons, elle migre. La migration peut se faire sur de longues ou de courtes distances. Beaucoup d'animaux se rendent dans un nouvel endroit pour se reproduire, se nourrir ou donner naissance. La sterne arctique, par exemple, parcourt des distances phénoménales. Elle se reproduit dans l'Arctique, puis vole en direction sud, avec à peine quelques escales, pour hiverner dans l'Antarctique.
ien grenouilles, salamandres, serpents et couleuvres ne font qu'une centaine de mètres pour se rendre dans des marais et s'y reproduire. Après la ponte des œufs ou l'incubation, ils retournent en forêt. Les chauves-souris, caribous, phoques, anguilles et bien d'autres animaux migrent aussi !
Magnifiques monarques migrateurs
La survie de nombreux oiseaux et insectes migrateurs dépend de deux habitats ou plus — souvent séparés par des milliers de kilomètres. Le monarque, un papillon, en est un bon exemple. Les monarques de l'Ouest vont passer l'hiver sur les côtes ensoleillées de la Californie, tandis que ceux de l'est et du centre de l'Amérique du Nord volent jusqu'aux forêts montagneuses du Mexique. Jusqu'à tout récemment, ces forêts étaient constamment abattues. Maintenant, le gouvernement mexicain protège l'habitat du monarque. Au même moment, cependant, les provinces canadiennes ont des lois stipulant que les plantes dites « nuisibles » comme le chardon, l'asclépiade et la chicorée sauvage doivent être détruites. (Une plante est jugée nuisible si elle est difficile à supprimer et nuit à l'agriculture.) Cependant, la larve du monarque se nourrit exclusivement d'asclépiade. Il est clair que nous avons le devoir de protéger tous les habitats des espèces migratrices. Voici comment il vous est possible de contribuer:
• Vérifiez si, dans votre région, des lois exigent la destruction de plantes nuisibles.
• S'il existe de telles lois, quelles plantes votre municipalité considère-t-elle comme problématique et pourquoi ? (La liste peut varier d'une municipalité à l'autre.)
• Trouvez tous les renseignements possibles sur ces plantes. Quelles espèces en dépendent pour leur nourriture ? Est-ce que certaines de ces espèces sont migratrices ?
• Croyez-vous que les espèces sauvages pourraient souffrir parce que ces plantes sont traitées comme des « hors-la-loi » ? Si oui, préparez le changement par une campagne de lettres. Faites connaître vos préoccupations aux medias, aux propriétaires fonciers et au bureau local du gouvernement qui est responsable de l'élimination des mauvaises herbes.
• Présentez vos conclusions au conseil municipal.
Migration funeste
La majorité des oiseaux migrent la nuit et utilisent la rotation des étoiles pour ajuster leur « compas magnétique ». Souvent, ces voyageurs à plumes ne trouvent plus leur chemin en raison des lumières scintillantes des édifices urbains. Puis ils se frappent aux fenêtres jusqu'à ce qu'ils tombent d'épuisement. Le brouillard, la pluie et les nuages peuvent aggraver le problème. Souvent, des milliers d'oiseaux migrateurs meurent en un seul endroit au cours d'une même nuit. Les survivants deviennent complètement désorientés dans un labyrinthe de gratte-ciel et finissent par mourir de faim. L'un des cas les plus tragiques survient en 1981, année où 10 000 oiseaux ont percuté près de Kingston deux grandes cheminées de Hydro-Ontario éclairées par des projecteurs. Ce n'est qu'après de vives protestations du public que la société d'État a opté pour l'éclairage stroboscopique sur les cheminées, ce qui a eu pour effet de diminuer de beaucoup ce genre d'accidents mettant la vie des oiseaux en danger.
Bon nombre des victimes sont des espèces en sérieux déclin, telles que le viréo aux yeux rouges, la paruline couronnée et la grive à dos olive. À Toronto seulement, on a repéré plus de 100 espèces d'oiseaux morts de cette façon.
Dans cette ville, le groupe FLAP (programme de sensibilisation à la lumière mortelle) vise à sensibiliser la population aux dangers de la lumière pour les oiseaux migrateurs. Les bénévoles vont chercher les victimes ailées au pied des gratte-ciel du centre-ville entre 4 h et 8 h pendant les périodes de migration (d'avril à juin et d'août à novembre). Les oiseaux qui se sont simplement assommés sont placés en lieu sûr, puis relâches par la suite à l'extérieur de la ville. Ceux qui sont sérieusement blessés sont envoyés dans un centre de réadaptation pour oiseaux. Les spécimens morts sont conservés pour la recherche scientifique.
À Toronto et dans d'autres villes, il existe plusieurs façons d'aider les oiseaux migrateurs, notamment:
• Écrire aux propriétaires et aux gestionnaires de grands édifices illumines la nuit. Expliquez-leur le problème et demandez-leur d'éteindre les lumières entre minuit et le lever du soleil.
• Écrire au siège social de la société hydroélectrique de votre province en demandant d'encourager les responsables des grands édifices à éteindre leurs lumières la nuit. Cela sauvera la vie de nombreux oiseaux et économisera de l'énergie précieuse.
• Préparer un feuillet de renseignements sur le problème. En parler aux experts et réunir les détails.
• Si les membres de votre famille ou vos voisins travaillent dans un édifice urbain bien illuminé, donnez- leur des copies de votre feuillet de renseignements pour qu'ils les distribuent à leurs collègues de travail. Pour chaque étage, une personne pourrait s'occuper d'éteindre les lumières ou de fermer les stores après les heures de travail.
• Faites connaître vos intentions aux médias locaux.
• Présentez un exposé devant votre conseil municipal en sollicitant son appui.
• Le FLAP aimerait entendre parler d'autres groupes ou personnes qui viennent au secours des oiseaux migrateurs de façon similaire. Il vous aidera aussi à mettre sur pied un groupe semblable. Prière d'écrire au groupe FLAP, 1, chemin Guelph, Erin (Ontario) N0B 1T0, ou de téléphoner au (905) 831-FLAP.