Voies réservées à la faune
Nos nombreux projets de construction
dérangent beaucoup de plantes et d'animaux. Des espèces sauvages de toutes
sortes, en passant des insectes aux ours, se font tuer en traversant la route.
Nous pouvons parfois aider ces animaux à éviter la circulation en leur construisant
des chemins spéciaux.
Dans le parc national Banff, en Alberta, d'énormes passages souterrains permettent au cerf de Virginie et au wapiti de traverser la route transcanadienne en toute sécurité. En Angleterre, des tunnels spéciaux ont été creusés sous certaines routes pour permettre aux crapauds de les franchir sans danger.
Pour des milliers de salamandres à grands doigts, rares batraciens du parc national des Lacs-Waterton, en Alberta, une nouvelle bordure le long de la route constituait une falaise insurmontable. Ces salamandres tentaient de traverser la route afin de parvenir à un lac pour y pondre leurs œufs. Toutefois, incapables de franchir ce nouvel obstacle, certaines ont été écrasées par les voitures. Finalement, des bénévoles ont aidé près de 1 200 d'entre elles à poursuivre leur chemin en les faisant passer par-dessus la bordure. Depuis ce temps, des rampes de ciment ont été installées le long de la route pour permettre aux salamandres de circuler librement, au printemps.
Amis migrateurs dans le besoin
Etes-vous témoin
d’une petite migration dans votre région? Vous avez peut-être observé certains
signes d’une migration en cours, par exemple, un nombre inhabituel de grenouilles
traversant un chemin au printemps ou à l’automne, et, malheureusement, un
nombre considérable de corps écrasés sur la chaussée.
Dans l'aire de protection de la faune de Narcisse, au Manitoba, on a construit des tunnels sous une route provinciale pour permettre aux serpents-jarretières rayes de se rendre en toute sécurité à leur abri d'hiver et d'en revenir.
Voici comment vous pouvez aider les
espèces migratrices de votre région :
• Au
printemps et à l'automne, gardez l'œil ouvert pour déceler la présence de
petits migrateurs — tortues, serpents, couleuvres, grenouilles, crapauds, salamandres,
etc. Demandez à vos représentants locaux de la protection de la faune s'ils
sont au courant d'une migration locale.
• Faites
de cette migration un événement communautaire. Sensibilisez les gens et obtenez
leur participation si une espèce doit traverser un chemin ou un autre endroit
dangereux de votre région.
• Il
pourrait être possible d'interdire temporairement l'accès des lieux ou de
détourner la circulation jusqu'à ce que les migrateurs aient passé en toute
sécurité.
• Consultez
des biologistes de la faune pour obtenir des détails sur les espèces en
question et des suggestions pour assurer leur protection.
Espèces indicatrices
Certains animaux sont considérés comme des
« espèces indicatrices » par les scientifiques. Ils servent de système d'alarme
en ce qui concerne les problèmes environnementaux. Si quelque chose ne va pas chez
les batraciens, ou amphibiens, par exemple, nous devrions y être attentifs.
Comme la plupart des batriciens passent une partie de leur vie sur terre et une
partie dans l’eau, leur déclin pourrait être un signe que l’environnement
(terre, air, eau ou les trois) fait face à de sérieux problèmes.
Donnez de l’essor aux huarts
Lorsqu’une espèce change ses habitudes, il
y a raison de croire que quelque chose ne va plus. Le huart à collier, qu’on
retrouve partout au Canada, n’est peut-être pas en péril… du moins, pas encore.
Toutefois, l’aménagement des berges continue de détruire de nombreux lieux de
nidification, et les activités récréatives peuvent gravement perturber les
adultes et les poussins. Des études ont démontré que les pluies acides tuent
les poissons et d’autres sources d’alimentation dans les lacs. Alors, dans des
eaux très acides, les jeunes huarts peuvent manquer de nourriture.
L’objet d’un recensement national du huart à collier est d’éviter que cette situation ne devienne alarmante.
L’inventaire canadien des huarts à collier (ICHC) dépend de la participation des bénévoles d'un bout à l'autre du pays qui observent les lacs pour y repérer cet oiseau. C'est aussi important de tenir compte des lacs où il n'y a pas de huart. En comparant les deux types de lacs, les biologistes sauront ce dont les huarts ont besoin pour survivre. En outre, le ICHC distribue des affiches qu'on peut fixer près des aires de nidification et fournit des plans de plates-formes de nidification pour venir en aide aux huarts délogés par des activités humaines.
Vous pouvez donner de l'essor aux huarts en participant à ce recensement. Les bénévoles n'ont qu'à observer un lac à trois reprises pendant l'été (environ une heure et demie par visite). Encouragez d'autres personnes à se joindre à cette « équipe » nationale de rétablissement, durant les vacances d'été. Préparez une fiche d'information à l’intention des membres de votre famille, de vos amis et de vos voisins. Renseignez-les sur le huart à collier et sur ce que le recensement vise à accomplir.
Bondissez à leur rescousse
Certaines espèces de grenouilles sont en
voie de disparition, et les scientifiques inquiets ont décidé d'intervenir. Ils
tiennent compte du nombre de batraciens dans le cadre d'un vaste réseau
d'inventaires instauré partout au Canada. Les données recueillies jusqu'à
présent indiquent que certaines populations de batraciens ont diminué, fort
probablement parce que les activités humaines sont en train de transformer ou
de détruire leurs habitats. Les grenouilles et de crapauds sont vulnérables aux
changements de l’environnement; pour cette raison nous les considérons comme
une espèce indicatrice. Lisez en plus à « Attention grenouilles »!
Tant que les scientistes n'ont pas recueilli les données de base, ils ne peuvent dire ce qui est normal ou anormal pour une population de batraciens. Et comme les fluctuations naturelles s'étendent sur plusieurs années, il importe d'effectuer des études à long terme. Rappelez-vous que la patience est une vertu quand il est question du rétablissement des espèces sauvages!
Soyez de la partie
Le programme des terres humides du jardin zoologique de Toronto s'assure le concours des écoles ontariennes. Les élèves
transmettent au zoo les détails sur les batraciens qu'ils ont aperçus,
habituellement dans un étang des environs qu'ils ont « adopté ». Ces
renseignements sont utiles aux scientifiques, qui étudient les reptiles et les
batraciens en Ontario, et aux défenseurs des précieux habitats humides.
Chaque observation est importante — même s'il s'agit d'une ou de deux grenouilles solitaires. L'ensemble des observations permet aux scientifiques d'apprendre beaucoup de choses au sujet de ces espèces qui vivent en milieu humide. Si vous habitez en Ontario, votre école peut se joindre au groupe de recherche sur les batraciens du jardin zoologique de Toronto !.
Pluvier siffleur en péril
Le pluvier
siffleur, un petit oiseau de rivage brun grisâtre, aime faire son nid
sur la grève sablonneuse. Cependant, les gens aiment aussi fréquenter les
grèves, et c’est probablement pourquoi cette espèce est en péril. Les véhicules
tout terrain, les animaux de compagnie, l’être humain et le bétail effrayent
les poussins et écrasent accidentellement les œufs bien camouflés. Ces oiseaux
nichent de mai à août dans le sud des Prairies et sur la côte de l’Atlantique.
Toutefois, l’espèce a disparu de la région canadienne des Grands Lacs.
Dans les provinces de l'Atlantique, le pluvier siffleur compte sur des bénévoles qui protègent des grèves de nidification durant les périodes critiques de la reproduction. Si vous désirez participer aux initiatives de rétablissement de cette espèce, ou en apprendre davantage sur le pluvier siffleur, vous pourrez le faire ici .
Le Manitoba a mis sur pied un programme deprotection similaire et a désigné « aire spéciale de conservation » plusieurs grèves où niche le pluvier siffleur. Vous pouvez venir en aide à cet oiseau, peu importe où il vit, en apprenant tout à son sujet, y compris la tâche difficile d'identifier l'espèce. Communiquez avec le ministère responsable de la protection des espèces sauvages de votre province si vous repérez un pluvier siffleur. Vos observations aideront les chercheurs à surveiller cette espèce.
Abri favori de la buse rouilleuse
La plus grande buse d'Amérique du Nord a
disparu de bien des endroits dans les Prairies où elle abondait autrefois. Cet
oiseau qui recherche les endroits herbeux avait entièrement disparu du Manitoba
pendant un certain temps. Mais avec de l'aide, la buse rouilleuse refait
lentement son apparition dans le coin sud-ouest de la province. De nos jours,
on la retrouve surtout en Saskatchewan et en Alberta. Ce rapace vorace rend de
précieux services aux propriétaires fonciers. Un couple et ses petits peuvent
dévorer environ 500 spermophiles au cours d'une seule saison de nidification.
C'est ce qu'on appelle avoir bon appétit!
Les trois provinces des Prairies ont des programmes de protection de ce magnifique oiseau de proie. Les structures artificielles de nidification ont connu du succès, et les peupliers à feuilles deltoïdes, ou liards, plantés aux endroits propices isolés ont attiré les buses rouilleuses et d'autres oiseaux de proie en période de nidification. On encourage les propriétaires fonciers à clôturer les arbres qui abritent les buses, pour éviter les dommages causés par le bétail.
Vous pouvez venir en aide à la buse
rouilleuse en plantant des liards ou en construisant des plates- formes de
nidification. Communiquez avec un biologiste de la faune de votre province pour
qu'il supervise le projet et vous remette un plan détaillé de la plate- forme.
Voici quelques conseils:
• Construisez
les plates-formes dans des endroits isolés. Les buses sont facilement
dérangées.
• Faites
en sorte qu'une distance d'au moins 1,2 km sépare les plates-formes les unes
des autres, pour éviter les désagréments entre les buses voisines.
• Construisez
les plates-formes près d'une population saine de spermophiles, pour que les
buses puissent se nourrir.
• Demandez
à votre société hydroélectrique de faire don de poteaux usagés pour y installer
les plates- formes.
• Utilisez
des matériaux comme des brindilles, des touffes de sauge, des branchages et de
la bouse de vache séchée pour faire la première couche du nid. Les buses
ajouteront d'autres matériaux au nid, chaque année.
• Le
fait de planter des liards attirera beaucoup d'espèces, alors ne désespérez pas
si la buse rouilleuse ne vient pas s'y installer.
La chouette des terriers lance un S.O.S.
La chouette des terriers court de graves
dangers. C'était autrefois une espèce commune des prairies de l'Ouest.
Aujourd'hui, malgré les efforts de rétablissement, cette petite chouette se
fait de plus en plus rare. Les causes de cette diminution comprennent, entre
autres, la fragmentation et la disparition de son habitat, l'absence de proies
adéquates et l'utilisation d'insecticides. Une chose est certaine : la chouette
des terriers a besoin d'un bon coup de main pour survivre au Canada. (L'espèce
est également en péril aux Etats- Unis.)
Biologistes et propriétaires fonciers de la province travaillent de concert afin de secourir cet oiseau au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique. Malgré cela, de moins en moins de chouettes des terriers nichent dans les champs. Pour obtenir des suggestions sur les moyens de venir en aide à cet oiseau vraiment unique des Prairies, communiquez avec votre organisme provincial de protection des espèces sauvages. Vous serez peut-être en mesure de bâtir un « terrier » qui servira de nid, d'organiser une campagne de sensibilisation, de participer à un programme alimentaire ou d'améliorer l’habitat de cette petite chouette.