Renseignements généraux
Niveau : de la 2e à la 5e année
Disciplines : sciences, arts, géographie
Aptitudes : application, classement, description, discussion, communication, dessin, interprétation, invention, écoute, résolution de problèmes, art oratoire, compte rendu, rédaction, recherche
Durée : de une à trois périodes de 45 minutes
Taille du groupe : n’importe quel nombre, en groupes de quatre à six élèves
Lieu : à l’extérieur et à l’intérieur
Notions abordées : 2a, 2c, 3d, 4a
Vocabulaire clé : abris, hutte de castor, terrier, tanière, quinzhee
Objectifs
Les élèves devraient pouvoir comprendre que la faune a besoin d’un abri viable en hiver et identifier les caractéristiques des divers abris.
Méthode
Les groupes d’élèves dessinent un abri pour un animal imaginaire et présentent leur création à la classe.
Contexte
NOTA : L’activité intitulée « Les ours blancs en captivité » peut servir d’introduction à cette activité. Voir le Guide des activités Atout-Faune.
Comme l’être humain, la faune a besoin de nourriture, d’eau, d’espace et d’un abri pour survivre. L’abri ou le chez-soi d’un animal le protège des intempéries et des prédateurs, tout en lui offrant un endroit sécuritaire pour élever ses petits, hiberner ou entreposer de la nourriture. Chaque espèce construit un abri dont l’architecture répond à ses besoins particuliers. En examinant l’abri d’un animal, il est possible d’apprendre beaucoup de choses au sujet de ses besoins et de son comportement.
Contrairement à l’être humain, les animaux ne peuvent pas se servir d’outils ou de machines pour construire leur maison. Heureusement, ils possèdent des outils intégrés – griffes, serres, dents acérées, becs pointus, pattes – leur permettant de manipuler divers matériaux naturels de construction comme des herbes, des brindilles, de la boue, de l’écorce ou de la fourrure. Les animaux ont trouvé des solutions étonnantes aux problèmes de chauffage, d’isolation, de drainage, de ventilation et d’étanchéité. Certaines cultures autochtones ont appris à survivre en observant les abris et les comportements des animaux. Par exemple, l’être humain a appris à construire des igloos ou des quinzhee dans les paysages neigeux en observant les animaux qui creusent dans la neige pour se protéger du froid.
Le castor est vraiment un ingénieur en construction hors pair qui n’hésite pas à réorganiser son environnement pour bâtir l’abri parfait. Les végétaux lui servent de nourriture et de logement. Son outil le plus important est sans contredit ses incisives incurvées longues, fortes et tranchantes qu’il utilise pour ronger et abattre des arbres dont le diamètre peut aller jusqu’à 1,2 mètre. Il peut saisir et manipuler des objets avec ses pattes antérieures, presque aussi agiles que nos mains.
Une fois qu’il a trouvé un lac ou un cours d’eau convenant à ses besoins, le castor construit une digue pour ralentir le courant et contrôler la profondeur de l’eau. Puisque l’eau profonde ne gèle pas jusqu’au fond en hiver, le castor peut demeurer actif tout au long de l’année. Si le niveau d’eau monte trop, ce petit bâtisseur sauvage ouvrira la digue pour abaisser le niveau. Pour construire sa digue, le castor commence par disposer des branches sur le lit du cours d’eau. Il utilise du bois vert parce que ce bois est plus lourd que le bois sec et ne flotte pas. Il enfonce des branches dans le fond boueux de façon à ce que les bouts soient en amont, ce qui permet au courant de maintenir le bois en place. Puis il utilise d’autres branches, de la boue et même des pierres pour boucher les espaces et les trous.
En amont de la digue, le castor construit sa hutte sur un îlot de branches ou tout contre la berge. Dans les deux cas, il empile du bois et des branches pour former la base de la hutte, puis il y ajoute des ramilles, de l’écorce et de la boue pour créer une plateforme solide s’élevant à 15 cm environ au-dessus du niveau de l’eau. Ensuite, il construit un dôme en entrecroisant les branches et les tiges émergeant de la pile. Le toit de la hutte est habituellement plus mince et se compose de branches moins serrées pour assurer une bonne ventilation. La hutte comporte un ou deux tunnels d’entrée sous l’eau, ce qui permet au castor d’apporter des branches à l’intérieur de la hutte pour se nourrir. L’intérieur de la hutte comprend une grande aire centrale, une réserve de nourriture et une toilette.
Les dimensions de la hutte varient de deux à trois mètres de hauteur et de deux à six mètres de diamètre. Il faut environ un mois pour construire la hutte et celle-ci sera occupée pendant de nombreuses années. Cette habitation nous semble peu confortable, mais elle convient parfaitement au castor car même s’il fait très froid dehors, la température demeure toujours bien au-dessus de zéro à l’intérieur.
Le spermophile arctique hiberne dans un terrier. À cause du pergélisol (sol gelé en permanence) dans la majorité des régions nordiques, ce petit écureuil doit choisir l’emplacement de son terrier avec soin. À la surface du pergélisol, on retrouve une mince couche de sol d’environ 10 à 30 cm d’épaisseur qui fond en été et gèle en hiver. C’est pourquoi les terriers atteignent rarement plus d’un mètre de profondeur. Le spermophile arctique vit en colonies de plusieurs familles dans un labyrinthe complexe de chambres et de tunnels. Le réseau de tunnels d’une seule famille de spermophiles peut mesurer 18 mètres de long, compter près de 56 entrées différentes dans une aire d’au plus 45 mètres carrés. Les chambres dans lesquelles ils hibernent sont accessibles par le tunnel principal et elles sont tapissées avec des herbes, des feuilles, du lichen et des poils. Ce sont des endroits douillets pour dormir durant tout l’hiver.
Le lemming est un autre fouisseur nordique. Durant l’été, ce petit rongeur des régions arctiques et boréales creuse des tunnels courts et peu profonds reliant les chambres qui servent de nid, d’aire de repos et de toilette. Leurs nids d’hiver sont construits à la surface du sol, sous la couverture de neige.
De nombreuses espèces d’ours utilisent divers abris et tanières en hiver, comme des cavernes, des creux garnis de mousse sous les branches basses des épinettes, des souches creuses ou des dépressions dans la neige. Si le grizzli ne réussit pas à trouver un abri naturel, il creuse un trou sous un rocher en surplomb ou sur une pente. Chez l’ours blanc, la femelle creuse une tanière de neige le long d’une pente ou d’une crête de glace pour mettre bas. Il arrive parfois qu’un mâle utilise une tanière de neige comme abri temporaire pendant les jours les plus sombres de l’hiver ou les grands froids.
En guise de nid, le faucon gerfaut rassemble quelques brindilles, des herbes et de la mousse sur une corniche rocheuse étroite, pratiquement inaccessible. Il niche parfois dans des arbres où la femelle pond ses oeufs dans le nid d’une autre espèce comme la buse pattue. Durant l’hiver, les faucons gerfauts se blottissent dans les crevasses des falaises sous une corniche qui reflète leur chaleur corporelle. Ils se couchent sur leurs pattes nues pour les garder au chaud.
Le lagopède se réfugie temporairement dans des bancs de neige légère qui l’isole bien du froid. Il vole directement dans les bancs de neige, échappant ainsi aux prédateurs affamés car il ne laisse pas de traces. Le lagopède des rochers passe la nuit dans un tout petit trou qu’il creuse dans la neige. Lorsque le jour se lève ou s’il est effrayé par un prédateur, le lagopède s’envole subitement de son abri de neige dans un froufrou d’ailes.
Matériel
Liste et descriptions d’animaux imaginaires (voir ci-après) ou diagrammes fournis par l’enseignant; papier à dessin; crayons noirs; crayons de couleur (facultatif); ciseaux; colle; marqueurs; papier graphique (facultatif).
Animaux imaginaires
- Castours – croisement entre un ours et un castor
- Lagoplemm – croisement entre un lagopède et un lemming
- Spermogerfaut – croisement entre un faucon gerfaut et un spermophile (écureuil)
Marche à suivre
- Commencez par discuter des abris construits ou utilisés par les castors, les lemmings, les spermophiles, les ours, les lagopèdes et les faucons gerfauts.
- Divisez la classe en groupes de quatre à six élèves et attribuez à chaque groupe un des animaux imaginaires décrits plus haut. Demandez-leur de dessiner un abri convenable pour leur bête.
- Allez dehors avec les groupes d’élèves et demandez-leur de se disperser. Assis en silence pendant cinq minutes, chaque groupe imagine d’abord qu’il est l’animal imaginaire, puis décide du genre d’abri qui répond aux besoins de son animal.
- De retour en classe, les membres de chaque groupe discutent entre eux pendant un certain temps, puis dessinent des abris pour leur animal imaginaire.
- Demandez à chaque groupe de présenter à la classe les résultats de ses recherches et son dessin.
Variantes
Les élèves choisissent un abri en particulier, puis dressent un tableau pour comparer ses avantages et ses désavantages.
Éléments complémentaires
- Les élèves construisent une tanière dans la neige pour la femelle de l’ours blanc.
- Les élèves construisent des modèles d’abris, comme des nids d’oiseaux ou des huttes de castor.
- Les élèves comparent les abris des oiseaux à ceux des mammifères et notent les ressemblances et les différences.
- Les élèves font une excursion sur le terrain pour découvrir des abris d’oiseaux et de mammifères.
Évaluation
- Les élèves établissent une liste des avantages d’un abri pour les espèces sauvages.
- Les élèves établissent une liste des caractéristiques d’un bon abri.
- Les élèves donnent un exemple d’un genre particulier d’abri et disent pourquoi il convient parfaitement à l’animal qui l’habite.